Ou le manque de professionnalisme devient pénible…

Publié le par renval

Je déteste particulièrement le manque de professionnalisme de certains journalistes juste bons à suivre la rubrique des chiens écrasés, mais certainement pas celle de l’économie.  Et lorsqu’elle atteint un tel niveau d’incapacité, elle aurait tendance à me faire rire cette bêtise.

 

Bernard Arnault: 193 millions d'euros de bénéfices en Belgique, 0 euro d'impôts titrait encore le Trends ce 1er février. J’avais quand même l’habitude de plus de professionnalisme dans cette revue, mais ce journaliste se devait sans doute de suivre les onomatopées habituelles de certains milieux regrettant le bon temps des soviets…

 

Incapacité de pouvoir lire correctement un bilan ? Aucune notion fiscale ? Simple paresse pour recopier un article du Morgen ? Mais comment croire au sérieux de ces journalistes publiant un article sans aucune analyse sérieuse ni même une simple vérification…

 

Penchons nous quelques instants sur cette affirmation des plus tendancieuse, car sous entendant encore des pratiques malhonnêtes ou encore ces fameux intérêts notionnels !

 

La société a effectivement eu pour les trois derniers exercices un bénéfice de 193.164.294 € en cumul. L’exerce 2008 n’est pas repris, sans doute la perte de 161.464.567  était moins vendable pour l’article ? …

 

Effectivement, pas d’impôts. De sombres combines ? Des évasions fiscales découvertes par ces courageux journalistes ? Une utilisation abusive des intérêts notionnels ? « Des dispositifs fiscaux qui permettent d'éluder l'impôt » ? (RTBF)

 

Que nenni ! Simplement en grande majorité des reprises de provisions ! Soit une perte comptabilisée sur des exercices antérieurs et repris dans ces trois années. Totalement neutre au niveau fiscal ! Quelques « plus values sur participations », (également neutre en matière d’impôts) et des dividendes perçus, donc en RDT puisque l’impôt est payé par la société détenue… (Régime des revenus définitivement taxés). Et si une société réalise une plus-value sur une participation, c’est que cette participation réalise elle-même des bénéfices ! Et donc paye ses impôts…

 

Encore était-il nécessaire de simplement lire le bilan déposé à la BNB, mais évidement, il faut le comprendre… Et essayer de lire particulièrement la page C5.12 sur la disparité entre le bénéfice comptable et le bénéfice imposable. Mais là encore, ce journaliste ne le comprenait sans doute pas…

 

Que pouvons-nous constater ? Que ce bénéfice provient, en outre et pour 130.492.373 € d’une reprise sur réduction de valeur sur immobilisation financière. Pour ce journaliste béotien autant en comptabilité qu’en fiscalité, s’il y a eu reprise, c’est qu’il y a eu précédemment une provision ! Et s’il avait eu le courage d’examiner le bilan de l’année 2008, il aurait constaté une provision pour un montant de 150.358.971 € …

 

Car, si ce journaliste avait été un peu plus professionnel, mais encore il aurait été nécessaire que ses connaissances le permettent, il aurait été judicieux qu’il lise attentivement le rapport de gestion, joint au bilan : Nous vous rappelons que les immobilisations financières sont enregistrées à leur valeur d'acquisition conformément à nos règles d'évaluation, mais que les sociétés cotées sont valorisées au cours de bourse du dernier jour de l'exercice et que si cette valeur est inférieure à la valeur d'acquisition une réduction de valeur est enregistrée.

 

Lorsque le cours de l’action reprise en portefeuille dans la société diminue, une moins value est comptabilisée. C’est ce qui c’est passé en 2008 et pour 150.358.971 €. C’est totalement neutre au niveau fiscal ! Car cette « perte » n’est pas reprise dans le résultat fiscal… Et lorsque l’action remonte, comme en 2009, la société reprend simplement une partie de cette provision, soit en 2009 pour 103.316.569 € ! Evidemment neutre au niveau fiscal, puisque la provision était écartée de la base imposable.

 

Sans doute trop compliqué pour le comprendre, mais il existe des professionnel pour l’expliquer.

 

Car, si je fais une consolidation avec les deux exercices 2008 et 2009, il n’y a aucun « bénéfice » mais bien une perte de 54.124.420 € !!! (Perte 2008 : 161.464.567 € - Bénéfice 2009 : 107.340.147 €)

 

D’autres bénéfices, et à concurrence de 13.614.570 € proviennent de dividendes de sociétés. Et suivant le principe bien connu des RDT, sont aussi écartés de la base taxable.

 

RDT ? C’est exact que ce terme est sans doute inconnu de la grande majorité des belges…  « Revenu définitivement taxé » ; Soit des bénéfices d’une société et versé à sa « mère » ; Les dividendes étant versés après paiement de l’impôt, ils ne peuvent évidement pas subir à nouveau un impôt !

 

En résumé, circulez, il n’y a rien à voir, excepté pour certaines personnes plus avides d’un sensationnel inexistant que simplement une vérité… Le journaliste aurait été plus judicieux de répondre à cette « information » du Morgen que de le suivre stupidement…

 

Et toujours sur le même sujet, que penser de cette nouvelle diatribe du secrétaire d’état Crombez ?

 

« Si Bernard Arnault travaille en Belgique avec de véritables sociétés boîtes aux lettres, nous devons le signaler au fisc français », a en effet déclaré le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude, John Crombez dans le quotidien économique néerlandophone De Tijd.

 

L'agence francophone Belga, citant John le quotidien flamand indique que John Crombez a demande au ministre belge des Finances Steven Vanackere de transmettre le dossier fiscal de Bernard Arnault (propriétaire des Echos) à la France. Mais le ministre n'a pas voulu commenter un cas individuel.

 

Source : RTL

 

Continuez Mr Crombez avec vos méthodes dignes d’un autre siècle, et bientôt vous obtiendrez un désert économique en Belgique…

 

Monsieur Arnault, bien d’autres pays bien plus intelligents pourraient vous accueillir les bras ouverts, et non pas vous trainer dans la boue comme je ne sais que malheureusement le constater en Belgique.  

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